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  • Rencontres Bien Vieillir 2015 – Matinée

10h30-11h15. Les avancées scientifiques et technologiques du Bien Vieillir 1


Vieillissement des fonctions cognitives et psychiques CroisileDr Bernard Croisile Responsable adjoint du Centre de Mémoire, de Ressources et de Recherche des Hospices Civils de Lyon

Le Bien Vieillir n’est pas seulement moteur et sensoriel, il est aussi cognitif car l’avancée en âge est confrontée à deux situations, celle du vieillissement naturel et celle des démences. Avec l’âge, certaines fonctions cognitives se fragilisent, ce qui se traduit par une lenteur et une réduction des ressources attentionnelles qui interviennent lors des opérations mentales complexes (raisonner, anticiper, planifier, s’organiser). Avec l’âge, on acquiert toutefois plus de savoirs et d’expérience. On peut aider les personnes. Les démences (maladie d’Alzheimer, démences vasculaires…) altèrent les fonctions cognitives et entravent l’autonomie. Les patients ont besoin d’être entourés, encadrés, accompagnés, surveillés : il faut surtout aider l’entourage qui est le centre de la prise en charge.


Handicaps sensoriels et moteurs Pr Gilles Rode Chef du Service Médecine physique et réadaptation de l’Hôpital Henry Gabrielle Centre de Recherche en Neuroscience de Lyon, ImpAct

Le handicap neurologique constitue le handicap le plus fréquent. Il est dû à des lésions cérébrales d’origine innée ou acquise (accident vasculaire cérébral, traumatisme crânien, sclérose en plaque, maladies neurodégénératives). Le handicap moteur concerne principalement la préhension, l’équilibre et la marche. Le handicap cognitif concerne le langage, la mémoire, l’attention, le geste, la reconnaissance visuelle ou la conscience de soi. Il peut s’agir aussi de déficits plus complexes, affectant l’initiation, la planification des actions (fonctions exécutives) et l’adaptation du comportement social (cognition sociale). Le patient, qui en est atteint, se plaint de difficultés pour se concentrer, pour effectuer rapidement une tâche cognitive, pour réaliser plusieurs tâches en même temps, pour organiser son travail ou gérer une situation imprévue. Certains patients se plaignent aussi de modifications de leurs émotions et de difficultés relationnelles. Ces troubles peuvent être non diagnostiqués, mal interprétés par l’entourage ou minimisés par le patient (handicap invisible). Ils sont parfois sous estimés en particulier à la suite de lésions du cerveau de petite taille chez des patients ne présentant aucun autre déficit moteur. L’expertise neuropsychologique permet aujourd’hui une analyse approfondie de ces déficits ainsi que les nouveaux moyens d’imagerie cérébrale. Ceux-ci (IRM anatomique, tractographie, IRMf, MEG) permettent d’identifier précisément les régions cérébrales détruites, d’aide à établir un pronostic de récupération, mais également d’identifier les régions intactes (aires corticales, réseaux de neurones) qui joueront un rôle dans la récupération et/ou la compensation de la fonction motrice et cognitive. Les rééducations motrices et cognitives reposent sur différents types d’approches: un apprentissage conscient ou explicite impliquant la participation active du patient durant les exercices par exemple d’évocation ou d’imagerie mentale ou un apprentissage non conscient ou implicite, en quelque sorte à l’insu du patient, par l’utilisation de stimulations sensorielles, de tâches sensorimotrices répétées comme l’adaptation prismatique. Enfin, les rééducations cognitives bénéficient aussi des innovations technologiques comme les techniques de neuromodulation cérébrale (tMS, TDCS) la réalité virtuelle, les nouveaux supports numériques, smartphones ou tablettes, qui permettent un apprentissage cognitif, dans d’autres contextes notamment à domicile. Ces nouveaux outils technologiques facilitent aussi la mise en place de nouvelles compensations des déficits cognitifs lorsque les possibilités de récupération par rééducation ont atteintes leurs limites.


11h45-12h30. Les avancées scientifiques et technologiques du Bien Vieillir 2


Les robots au service de l’autonomie de la personne âgée Dr Guillaume Gibert Chercheur au Stem Cell and Brain Research Institute, Lyon

La robotique est en train de faire sa révolution : elle sort du cadre industriel pur pour entrer dans les maisons. De nombreux systèmes robotiques  qui vont permettre  d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie des personnes âgées ont vu le jour récemment.  Ces robots de services et d’assistance agissent à plusieurs niveaux : assister physiquement les personnes (par exemple, amélioration de la marche grâce à un exosquelette), lutter contre l’isolement (avec des robots compagnons), favoriser la télésanté (avec des robots de téléprésence), etc. Lors de cette présentation, je traiterai des dernières avancées scientifiques dans la robotique de service ayant des applications dans l’assistance aux personnes âgées.


Technologies de la santé et interfaces matériaux-vivants Dr Jérôme Sohier Chercheur à l’Institut de Biologie et Chimie des Protéines, Lyon

Bien vieillir c’est également être en bonne santé, sans douleurs et sans pathologies. Depuis de nombreuses années, les technologies appliquées à la santé cherchent et trouvent des solutions pour traiter ou palier les pathologies liées au vieillissement. Que ce soit dans les domaines cardiaques, osseux ou articulaires, les prothèses font maintenant partie des solutions éprouvées. Une frontière existe encore pourtant pour améliorer ces approches et parvenir à recréer des tissus vivants fonctionnels en lieu de prothèses. Lors de cette présentation, j’aborderai ces nouvelles possibilités de médecine régénératrice appliquées aux problématiques de la peau, des valves cardiaques, des vaisseaux sanguins et du cartilage, et pour lesquelles les interfaces et interactions matériau-vivant sont cruciales.