Trous de mémoire, failles du cerveau : le témoignage de la littérature (Alzheimer et autres troubles)

Colloque international pluridisciplinaire organisé par le CEDFL (Université Jean Moulin-Lyon 3)

23-24 mai 2014

PROGRAMME

À côté des événements traumatiques circonstanciés, le vieillissement a naturellement des effets délétères sur les mécanismes de la mémoire à interpréter alors en termes de déficit: perte dans la richesse et l’organisation des représentations, altération de l’inhibition des informations non pertinentes, ralentissement des opérations cognitives… Dans ce débat d’idées, la littérature – dont le propre est sans doute de n’avoir pas de territoire propre – occupe une place singulière : elle est au carrefour disciplinaire qui lui permet de rendre compte des tensions, des négociations entre ces différentes représentations de l’homme.

Les représentations littéraires – et plus largement artistiques (arts plastiques, cinéma) – de l’activité du cerveau et plus particulièrement du fonctionnement de la mémoire sont un angle d’attaque particulièrement intéressant pour comprendre comment, historiquement, ont dialogué littérature et médecine. L’importance sociale accrue des problèmes liés au vieillissement de la population, l’éclairage particulier donné à la maladie d’Alzheimer, trouve des actualisations intéressantes dans la littérature la plus contemporaine

La littérature abordant la question de la mémoire et de ses aléas semble tiraillée entre l’idéal proustien d’une mémoire totale redonnée dans le souvenir involontaire et une conception du sujet, marquée, au contraire, par l’incomplétude, par la reconnaissance d’un vide ou d’une perte irrémédiable, qui serait précisément à l’origine de la subjectivité. Bien des textes contemporains, de toutes disciplines, abordant la thématique du vieillissement et de la mémoire mettent en tension ces visions du sujet. Ainsi, G. Deleuze et F. Guettari dans Qu’est-ce que la philosophie ? suggèrent-ils que pour le philosophe arrivé au terme de son parcours « il est tard et l’heure de parler concrètement ». Peut-être pour tout artiste vieillissant en tout cas, est-il l’heure de parler autrement ?

Ce colloque se donne comme objectif de rassembler et de faire dialoguer médecins, neurologues, cognitivistes et psychanalystes, historiens des sciences et spécialistes des littératures et des arts (art visuel : peinture, photographie, sculpture, land art, cinéma) autour des altérations possibles de la mémoire.